Les yeux plus gros que le ventre

Le secteur agricole et alimentaire émet 36% des émissions de gaz à effet de serre françaises (soit 171 millions de tonnes équivalent CO2), loin devant les émissions liées à l'habitat. La moitié est liée à la production agricole : utilisation d'engrais, déjections animales, rots des vaches (eh oui !), et utilisation d'énergie. Le reste est lié à la fabrication d'emballages, à la transformation, au transport et à la commercialisation alimentaire (20%), au déplacement des clients jusqu'au lieu de vente (11%), au traitement des déchets alimentaires (7%), etc.

C'est un fait, nous mangeons trop et trop riche, bien plus que ce que nous recommandent les experts de la nutrition, surtout en ce qui concerne la viande, les produits gras et sucrés. Nous consommons en moyenne 90g de protéines par jour lorsqu'il suffit d'environ 50-55g (la recommandation de l'ANSES est de 0,83g par kg der masse corporelle), alors que nous devrions manger davantage de fibres et de produits vitaminés. Triple problème : la nourriture riche et carnée coûte plus cher, elle nous pose des problèmes de santé à long terme (maladies cardio-vasculaires, diabète, obésité, cancers... pas de la tarte tout ça), et elle pose un problème environnemental de taille, comme nous allons le voir

Less meat, less heat

Parmi tous les aliments, en tant que plus grand responsable des émissions de gaz à effets de serre, j'ai nommé...LA VIANDE !

Et notamment la viande bovine qui bat tous les records, comme le montre le schéma ci-dessous.

 

Pourquoi ça pollue tant ?

L'élevage représente plus d'émissions de gaz à effet de serre que le secteur tout entier des transports.

Pour comprendre tout ça, il faut savoir que toute agriculture pollue : les sols cultivés émettent du protoxyde d'azote (gaz à effet de serre ayant un pouvoir de réchauffement 298 fois supérieur à celui du CO2) et les machines agricoles consomment du carburant, sans compter toute l'énergie et les gaz à effet de serre nécessaires pour leur fabrication. Mais nos amis les bœufs, les cochons et poulets qui vont finir dans l'assiette des hommes ont eux aussi besoin d'être nourris avant de passer à la casserole. En gros, quand on mange un poulet, on est notamment responsable de toutes les émissions liées à son alimentation pendant sa vie de poulet...

Mais ce n'est pas tout, il y a aussi les déjections animales et la décomposition du fumier qui polluent avec l'élevage. Et il y a aussi plein d'autres raison de re-questionner notre alimentation si carnée, comme le suggère cet article très intéressant de Terraeco

En résumé, si vous voulez manger de la viande, mangez en moins souvent et prenez de la viande de qualité dont vous connaissez l'origine (si possible en circuit-court et en bio, comme vous le verrez dans l'article suivant

 

Et du coup, comment on fait ?

Les 50-55g de protéines nécessaires par jour peuvent être trouvées dans d’autres sources que la viande. De même, le calcium est présent dans de nombreux aliments comme les épinards, le brocoli, les noix, les oranges, les amandes, … et l’eau bien-sûr !

Voici un petit tableau des apports protéiques d’aliments végétariens montrant que 55g de protéines par jour, c’est largement faisable

Des recettes de tous les jours à faible empreinte carbone, il y en a plus qu’on ne le croit. Vous avez un mixer (ou mieux, un hachoir à fil) ? Pensez à l’houmous, la tapenade et autres pâtés végétaux ! Les lentilles corail, vous connaissez ? Cuit en quelques minutes, sans pré-trempage, vous y ajoutez du curry et une noix de matière grasse, et c’est prêt !

Vous l’aurez compris, quand on se rend compte que la viande, ce n’est pas forcément systématique quand on cuisine, les recettes deviennent d’un coup beaucoup plus créatives et originales. Ce site est intéressant pour connaître l’impact environnemental de vos recettes :

http://www.bonpourleclimat.org/

  • Le petit argument bonus : diminuer notre conso de viande, ça fait directement baisser la production de fourrage qui est faite essentiellement en Amérique du Sud au prix d’une déforestation dramatique

 

La démarche bio et l’agriculture paysanne

En interdisant les engrais azotés et les pesticides, l’agriculture biologique participe beaucoup à la réduction des gaz à effets de serre : par exemple, 1kg de bœuf bio émet au total 1/3 moins de gaz à effet de serre qu’un kilo de bœuf conventionnel.

Et ça ne coûte pas forcément plus cher, si l’on privilégie la vente à la ferme, dans les coopératives d’agriculteurs, ou encore les AMAP (Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne).

Pour trouver une AMAP près de chez soi, c’est par ici :

http://reseau-amap.org/

Pour voir s’il n’y aurait pas moyen de cultiver soi-même ses légumes, même quand on n’a pas de jardin, on peut faire un tour ici :

http://jardins-partages.org/

Et enfin, pour ceux qui ont envie de découvrir un peu plus le sens d’une agriculture paysanne, et de comprendre mieux les enjeux derrière tout ça, il y a tout un tas de documentaires passionnants sur la question, dont celui-ci en libre accès.

Sources : Réseau Action Climat, ANSES

Crédits photo : Raïssa B.